Au moment de quitter leur poste de syndic et, par là même, le comité de l’UCV, Eric Küng, à la tête de la commune de Payerne jusqu’en fin d’année 2024 et Monique Hofstetter, syndique de Penthéréaz jusqu’au 30 juin prochain, nous livrent leurs impressions sur leur passage par l’association faîtière des communes vaudoises.
En tant que membre du comité exécutif de l’UCV depuis 2021, qu’avez-vous apporté à l’association ?
Monique Hofstetter (MH) : Bien que mon mandat au sein de l’UCV n’ait pas duré très longtemps, j’ai apporté, en premier lieu, une présence féminine, ce qui à mon sens est important. Chacun·e apporte forcément quelque chose au comité par les différentes régions que nous représentons 1, que nous venions d’un petit village, d’une moyenne commune ou d’une ville. Nous avons tous des besoins bien différents et c’est essentiel de pouvoir les communiquer et les partager avec les autres. Le district du Gros-de-Vaud que je représente, par exemple, est un district sans grande ville dans lequel la mobilité est un réel enjeu. Il est donc primordial que le comité représente la diversité des régions du canton.
« Il est primordial que le comité représente la diversité des régions du canton. »
Eric Küng (EK) : L’important pour moi était d’apporter la vision et le ressenti des communes qui ne sont pas de l’arc lémanique, de montrer que nous existons et que nous avons des soucis qui ne sont pas forcément identiques à ceux de la région lémanique mais qu’il y a aussi des choses qui fonctionnent mieux chez nous qu’ailleurs. C’est vraiment important de partager la vision des régions.
1. Le comité exécutif de l’UCV est composé de 13 membres, tous syndics en fonction. Précisément, le comité se compose d’un syndic par district.
Qu’est-ce que cela vous a apporté d’être membre du comité dans votre activité au service de votre commune ou de votre district ?
EK : Cela m’a permis de comprendre que, quel que soit l’endroit où nous nous trouvons dans le canton, nous avons tous des soucis communs que nous devons pouvoir partager pour pouvoir trouver des solutions valables pour tout le canton et pas seulement pour une région.
MH : Etre membre du comité de l’UCV permet d’avoir connaissance de certains dossiers en amont. Les informations sur ces dossiers peuvent être partagées dans les séances de syndics ou avec nos collègues, à qui nous pouvons ainsi donner des réponses sur lesdits sujets. Il est donc important qu’une personne du district soit membre de l’UCV. C’est un plus pour notre district mais aussi pour notre commune, d’autant plus pour une petite commune qui ne se sent parfois pas concernée par certains dossiers. En tant que présidente de l’Association de développement Région Gros-de-Vaud (ARGdV), j’ai aussi pu relayer tout ce qui touche à l’aménagement du territoire.
EK : Je rajouterais qu’en tant que membre du comité, nous sommes consultés sur de nombreux dossiers et nous avons la possibilité de sonder les syndics et les communes de notre district avant d’apporter une réponse à l’UCV. Cela permet d’amener la voix de notre district sur de nombreux sujets et problématiques.
En rejoignant le comité, avez-vous découvert une prestation du Secrétariat de l’UCV que vous ne connaissiez pas, parmi l’entier du panel de prestations proposées (formations, conseils, etc.) ?
MH : Depuis dix-neuf ans au service de ma commune, je profitais depuis longtemps des services de l’UCV avant de rejoindre le comité exécutif : conseils, soirées d’information, formations, etc. Ces prestations sont d’autant plus enrichissantes pour des communes petites ou moyennes qui n’ont pas les mêmes ressources que les villes. Ce que j’apprécie particulièrement est que l’UCV a toujours suivi les demandes de ses membres et est au plus près de l’actualité pour proposer des formations et d’autres prestations dans l’air du temps et au plus proche des besoins des communes.
EK : J’abonde dans le même sens. Depuis dix-huit ans à l’exécutif de ma commune, je connaissais le fonctionnement de l’UCV qui évolue en fonction de la société et des demandes des communes. J’ai de nombreuses fois fait appel aux conseils juridiques de l’UCV qui ont toujours été très pertinents. Même si nous avons un service juridique dans notre commune, c’est toujours bien d’obtenir deux avis dont celui de l’UCV. Nous avons toujours été satisfaits des réponses données, tout comme des formations suivies à l’UCV. Les formations proposées sont parfois des cours que nous n’aurions nous-mêmes pas imaginés.
Penthéréaz et Payerne : la même première lettre mais des communes de typologies très différentes. Comment le comité de l’UCV peut-il servir à la fois un village du Gros-de-Vaud et une ville de la Broye ?
EK : En accédant au comité de l’UCV, nous devons faire la part des choses : partager nos problématiques mais aussi écouter celles des autres et défendre toutes les communes vaudoises. Nous devons ainsi trouver la meilleure des solutions pour tout le canton et pas juste pour une région. Faire partie du comité exécutif, c’est apporter la vision d’une région mais défendre l’ensemble du canton.
« Faire partie du comité exécutif, c’est apporter la vision d’une région mais défendre l’ensemble du canton. »
MH : Je rejoins tout à fait cet avis et je rajoute que c’est là toute l’importance d’avoir des communes complètement différentes au sein du comité et des organes de l’UCV.
Y a-t-il un dossier politique que vous aviez à cœur de défendre en étant au sein du comité ?
MH : Pour ma part, je me suis plus engagée dans l’aménagement du territoire car je faisais partie du groupe de travail « aménagement du territoire » de l’UCV. Néanmoins, toutes les politiques sont importantes et méritent que nous nous y consacrions pleinement.
EK : Je faisais partie de la commission des constructions scolaires qui me tenait à cœur. Il y avait deux dossiers que je suivais aussi avec attention, importants pour ma région : les gens du voyage et la répartition des migrants sur le territoire vaudois.
Vous avez forcément participé à de nombreuses séances en tant que membre du comité mais aussi à de nombreux événements ou rencontres du monde communal (JCV, etc.). Quel est votre meilleur souvenir ?
EK : J’ai beaucoup apprécié la réunion annuelle entre le Conseil d’Etat et le comité exécutif de l’UCV car c’est à ce moment-là que nous réussissons à avoir des contacts privilégiés entre nous. J’en garde un très bon souvenir.
MH : C’est en effet une rencontre importante qui devrait peut-être être organisée plus souvent. Pour ma part, toutes les rencontres sont enrichissantes car elles permettent d’échanger avec des personnes de différentes régions, de se créer un réseau et des relais partout dans le canton. J’ai sinon un excellent souvenir de la Journée des communes vaudoises de 2007 à Aigle, dans toutes les petites rues de la cité animées comme il se doit, et de celle de 2019 à Cossonay marquée par des intempéries hors normes. Ces journées sont des moments précieux de partage.
EK : En effet ce sont des moments d’échanges primordiaux et pas seulement avec le monde politique mais aussi avec le monde économique. Selon moi, un syndic se doit d’être relationnel et d’être ouvert. Il porte l’image de la commune à l’extérieur.
MH : Prendre des postes dans des comités différents du monde communal, comme celui de l’UCV, nous apporte énormément et est aussi fortement bénéfique à notre commune.
Propos recueillis par Stéphanie Andrzejczak, chargée de communication à l’UCV.